Plate-forme Technologique Forêt Bois Papier

Plate-forme Technologique Forêt Bois Papier - Forest-based sector Technology Plateform (FTP) - forestplatform.fr

L’implication de la forêt privée dans la plate-forme technologique forêt-bois

Madame Marie de l’Estoile - Présidente de l’Union de la Coopération Forestière Française, et Monsieur Henri Plauche-Gillon - Président de Forestiers Privés de FranceMadame Marie de l’Estoile - Présidente de l’Union de la Coopération Forestière Française
Monsieur Henri Plauche-Gillon - Président de Forestiers Privés de France
 

Garantir la compétitivité du secteur et  la durabilité de sa gestion, ce sont les objectifs majeurs de la plate-forme, auxquels bien sûr nous avons d’emblée souscrit.

Défendre l’industrie forestière européenne, dans un contexte de vieillissement de l’appareil productif, de moindre investissement et de concurrence accrue de l’Asie et de l’Amérique du Sud; améliorer la mobilisation de la ressource; développer des « niches » de production, notamment en France, productrice de bois et d’essences  très variées; mieux communiquer sur le matériau bois; développer de nouveaux produits, de nouveaux marchés, notamment celui de la biomasse à usages énergétiques; « réconcilier » production et environnement, en particulier via la fonction de stockage du carbone, mettre en œuvre concrètement la gestion multifonctionnelle des forêts en développant de nouveaux outils techniques économiques et politiques ; anticiper les changements climatiques … 
Sont autant de chantiers qui nous paraissent essentiels pour les années à venir.

Ces changements globaux et ces enjeux, 15 millions de propriétaires et gestionnaires forestiers privés, qui rassemblent 60 % en surface des forêts européennes, doivent y faire face.
Sachant que leur implication économique, patrimoniale et affective souvent très importante, constitue un élément central de la gestion durable forestière,  et de la vie économique de la filière.
 
Leur nombre, leur hétérogénéité (en termes de statut socio-professionnel, de culture, d’objectifs), leur engagement en temps de travail et en investissement sur leurs forêts, plaident bien sûr pour que leur organisation et leurs compétences soient renforcées, que l’offre de conseil soit de plus en plus diversifiée et ciblée,  que les moyens des organismes d’appui soient consolidés.

Il faut également favoriser les échanges, le partage et la capitalisation des savoir-faire de gestion en forêt privée, et – c’est un point fondamental –  améliorer  l’intégration des propriétaires et gestionnaires dans des organisations économiques efficientes, de façon à mieux mobiliser la ressource et réguler le marché.

Enfin, il est impératif de trouver des contreparties face à la baisse des revenus sylvicoles en euros constants sous peine d’avoir une gestion de moins en moins durable car ne pouvant  être financée; de diversifier et d’adapter les techniques sylvicoles (moins coûteuses, répondant aux objectifs de multifonctionnalité et permettant de minimiser les risques); de développer et mettre à disposition des gestionnaires des méthodes de négociation, de concertation et de contractualisation permettant de faire reconnaître les services rendus par la forêt privée à la collectivité; de  mieux articuler le long terme de la production forestière et le court terme  des utilisations industrielles, avec une meilleure répartition de la valeur dans la chaîne, susceptible de faciliter cet ajustement.

Toutes ces avancées – que nous souhaitons – appellent des efforts très importants  en matière de recherche, à la fois  pour comprendre et anticiper les changements globaux auxquels notre secteur est confronté (environnementaux, socio-économiques), et pour identifier et développer des outils et méthodes scientifiques et techniques adaptés. Efforts importants également pour analyser les leviers socio-économiques et politiques permettant de progresser sur ces différents points, pour assurer le transfert des technologies, les conditions optimales de mise en œuvre, et favoriser l’innovation.

La concertation et la mobilisation de tous les acteurs, chercheurs, PME, industriels et gestionnaires est en ce sens, nous en sommes convaincus, d’un intérêt majeur.  Et la forêt privée française se devait d’être un partenaire actif de la plate-forme « forêt bois papier », et de l’élaboration du programme stratégique de recherche, dans sa version européenne puis nationale …


Le 15 Juin 2007


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